08.11.2009

Départ

Puisque l'ombre gagne
Puisqu'il n'est pas de montagne
Au-delà des vents plus haute que les marches de l'oubli
Puisqu'il faut apprendre
A défaut de le comprendre
A rêver nos désirs et vivre des "ainsi-soit-il"

Et puisque tu penses
Comme une intime évidence
Que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire
Puisque c'est ailleurs
Qu'ira mieux battre ton cœur
Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir

Puisque tu pars

Que les vents te mènent
Où d'autres âmes plus belles
Sauront t'aimer mieux que nous puisque l'on ne peut t'aimer plus
Que la vie t'apprenne
Mais que tu restes le même
Si tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perdu

Garde cette chance
Que nous t'envions en silence
Cette force de penser que le plus beau reste à venir
Et loin de nos villes
Comme octobre l'est d'avril
Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile

Sans drame, sans larme
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur
Puisque ta maison
Aujourd'hui c'est l'horizon
Dans ton exil essaie d'apprendre à revenir

Mais pas trop tard

Dans ton histoire
Garde en mémoire
Notre au revoir
Puisque tu pars
Dans ton histoire
Garde en mémoire
Notre au revoir
Puisque tu pars

J'aurai pu fermer, oublier toutes ces portes
Tout quitter sur un simple geste mais tu ne l'as pas fait
J'aurai pu donner tant d'amour et tant de force
Mais tout ce que je pouvais ça n'était pas encore assez
Pas assez, pas assez, pas assez

Dans ton histoire (dans ton histoire)
Garde en mémoire (garde en mémoire)
Notre au revoir (notre au revoir)
Puisque tu pars (puisque tu pars)
Jean Jacques Goldman : "Puisque tu pars"

Gratuité

" Je n'ai pas vu l'intérêt de m'accrocher à un cigare comme les réfugiés s'accrochent à leur identité. Dans le pays d'où je viens, il y a des hommes au bout des cigares. Un compte en banque. Une maison. Deux plutôt qu'une. Une voiture toutes options, toit ouvrant et sièges en cuir. Des femmes en instance d'achat, de revente, de location. Lorsque je rencontrai Iskandar, un self-made man comme on les appelle chez nous, je sus qu'il attendait de moi que j'aie un prix. Il voulait m'inviter partout. M'acheter. Pour un verre, l'apéro d'abord. Le champagne ensuite. En enlevant sa veste, faire en sorte que Cerruti me saute aux yeux. Il voulait que je sois une prolongation de lui. J'ai refusé. J'ai fait de l'auto-stop. Suis rentrée dare-dare. A pied. Mais prolongation de moi-même. La gratuité n'était pas dans ses moyens."

Hyam YARED "Sous la tonnelle"

Un jour, je te présenterai Hyam.
Si tu veux.

Déséquilibre

Je m'accomplis dans tes yeux et me perds dans ce que tu écris, parfois dis.

Parce que tes yeux m'offrent la force de l'équilibre et que tes mots, lancés sur la toile ou au hasard d'une conversation, parfois, me déséquilibrent. L'équilibre, paisible et rassurant, est-il toutefois plus riche, plus respectable, que son alter ego trébuchant ?

Recul, réflexion : l'équilibre n'est-il pas également immobilisme et n'est-ce pas en acceptant le déséquilibre qu'on apprend à marcher ?

Donc : lire ton regard séduit posé sur un autre, même s'il ne s'agit que d'un jeu d'écriture, entendre ton envie de bras différents, envie réelle, rêvée ou feinte, même s'il ne s'agit que d'un jeu de séduction, ton besoin d'autonomie (de distance ?) vis à vis de moi... tout cela mérite, exige, que je ne le considère pas uniquement comme une réaction à cinq mois de douloureux déséquilibre imposé, mais comme un cadeau à faire fructifier.

Utiliser ce que tu m'offres à travers ces lignes, ces mots, accepter le déséquilibre qu'ils provoquent, transformer la peur qu'ils génèrent en volonté sereine de trouver mon chemin, réussir à t'offrir la même chose.

Avancer. Un.

Merci pour cela. Je t'aime.